Rapport « Vieillir en bonne santé » : Les mesures de l’axe 2 détaillées

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Présentée le jeudi 16 janvier par Agnès Buzyn, cette stratégie globale pour prévenir la perte d’autonomie est composée de 18 mesures réparties en 4 axes. Découvrez le détail des 9 mesures de l’axe 2 : Dès 70 ans, agir sur les facteurs accélérant la perte d’autonomie.

Axe 2 : Dès 70 ans, agir sur les facteurs accélérant la perte d’autonomie.

Le besoin de changement

La préservation de l’autonomie à partir de 70 ans nécessite deux changements.

D’abord, la détection la plus précoce possible des fragilités, car ces dernières sont réversibles ou peuvent être compensées et n’entraînent pas automatiquement la perte d’autonomie.

Ensuite, une action renforcée sur les facteurs qui accélèrent la perte d’autonomie : les chutes, souvent liées à l’inadaptation des logements, les hospitalisations qui auraient pu être évitées, l’isolement, et les déficits sensoriels mal diagnostiqués, soignés ou compensés.

Lire aussi : Loi grand âge et autonomie : Une stratégie globale pour prévenir la perte d’autonomie

Les mesures

Mesure 4

L’expérimentation dans plusieurs régions d’un programme de dépistage de la fragilité selon la démarche ICOPE, conçue par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), sur la période 2020-2022. Les résultats issus de ce programme de dépistage donneront lieu à des réponses concrètes comme par exemple la prescription d’activités physiques adaptées à la perte d’autonomie.

La démarche ICOPE

Le programme ICOPE (Integrated Care for Older People), conçu par l’Organisation Mondiale de la Santé sur la base du modèle des capacités intrinsèques (la mobilité, la nutrition, les fonctions sensorielles, l’état psycho-social et la cognition) , constitue une démarche innovante de prévention du déclin fonctionnel. Il s’agit d’un programme de soins ciblés reposant sur une évaluation et le suivi de ses capacités intrinsèques. Il complète l’approche clinique centrée sur les pathologies.

Une application numérique guidera le professionnel de l’aide et l’accompagnement dans une démarche structurée de recueil d’information et de définition d’un plan d’action adapté à la perte des capacités de la personne âgée et vu avec le médecin : prescription d’activités physiques adaptées ; actions prévenant la dénutrition….

Une démarche expérimentale parait alors nécessaire pour adapter le programme au contexte français, susciter, tester des organisations innovantes possibles, et définir un modèle de financement et les conditions d’un déploiement du dispositif sur l’ensemble du territoire. Un appel à manifestation d’intérêt dans le cadre du dispositif « Article 51 » de la LFSS 2018 sera lancé au 1er semestre 2020 en vue d’identifier les acteurs avec lesquels co-construire le cahier des charges de cette expérimentation. Les participants à la co-construction pourront ensuite mettre en oeuvre l’expérimentation qu’ils auront contribuée à définir.

Mesure 5

Le déploiement d’un moment réflexe rappelant la possibilité et le besoin de procéder à l’adaptation fonctionnelle des logements le plus tôt possible, en soutenant l’accès à des diagnostics logement gratuit ou à prix réduits, à partir de 2020.

Mesure 6

La diffusion massive, dès à présent, des offres de soutien à l’adaptation des logements pour les ménages modestes.

L’offre de soutien à l’adaptation des logements : un effort massif pour agir le plus tôt possible

L’aide à l’adaptation du logement au vieillissement s’adresse aux personnes retraitées ou en perte d’autonomie, locataires ou propriétaires de leur logement, qui souhaitent faire réaliser des travaux dans leur salle de bain, remplaçant notamment leur baignoire par une douche et permettre ainsi leur maintien à domicile.

D’un montant maximal de 5 000 euros, sous critère de ressources, elle couvre l’ensemble des travaux qui doivent être réalisés par un professionnel présentant le label Qualibat.

L’État en partenariat avec Action Logement mobilise une enveloppe de 1 milliard d’euros pour ce dispositif, depuis septembre 2019.

Cette offre fera l’objet d’une communication renforcée auprès des professionnels, notamment dans le cadre du rendez-vous de prévention au moment du passage à la retraite, tout comme le crédit d’impôt pour dépense d’équipement de l’habitation principale, consolidé en 2017.

Mesure 7

Un investissement fort pour atteindre l’objectif « zéro passage par les urgences » pour les personnes âgées dépendantes d’ici 5 ans.

175 M€ pour améliorer le parcours des personnes âgées dépendantes à l’hôpital en 5 ans

L’organisation des admissions directes en service hospitalier depuis le domicile ou un EHPAD constitue un levier puissant d’amélioration de la prise en charge des personnes âgées.

Pour fonctionner, cette organisation doit permettre à des médecins de ville de bénéficier facilement et rapidement d’un avis médical hospitalier en vue de décider et d’organiser l’accueil des patients âgés directement dans les services de soins.

Dans le cadre du pacte de refondation des urgences, des moyens nouveaux seront versés aux hôpitaux qui organiseront ce parcours structuré de qualité, avec une équipe hospitalière en charge d’assurer cet accueil direct dans de bonnes conditions.

Outre l’adhésion des médecins libéraux et l’engagement des établissements de santé – incluant l’hospitalisation à domicile (HAD) – cette organisation doit également prévoir un accès rapide aux plateaux techniques lors de l’admission. La régulation du SAMU doit aussi être impliquée.
Par ailleurs, des mesures sont prises pour renforcer la prise en charge médicale et soignante au sein des EHPAD.

Pour éviter au maximum le recours aux urgences, des équipes mobiles de gériatrie seront créées ou renforcées pour appuyer à la fois les équipes des EHPAD et les professionnels libéraux, à compter de 2020.

Mesure 8

Un appui aux les initiatives locales permettant de se mobiliser pour les aînés afin de lutter contre l’isolement social. Cet appui pourra être financier ou une contribution à l’ingénierie des projets, afin d’accompagner les territoires. La diffusion d’un label « Villes amies des aînés » et la mobilisation des jeunes du service national universel et du service civique viendront enrichir ces actions dès 2020.

Aujourd’hui, ce sont 7 millions de Français qui souffrent de solitude. Le besoin de soutien aux solidarités de proximité n’a jamais été aussi nécessaire alors que le nombre de personnes isolées continue d’augmenter de + 3% au cours des trois dernières années.

Exemples de bonnes pratiques pour lutter contre l’isolement social des personnes âgées

Oldyssey est une initiative qui vise à mettre en avant les initiatives qui rapprochent les générations partout dans le monde, dans des sociétés où le statut des aînés est différent, pour s’inspirer d’autres formes de solidarités qui y voient le jour. Leur but est de faire changer de regard sur les personnes âgées pour leur donner toute la place qu’ils méritent dans notre société. A titre d’illustration dans leurs vidéos prises lors d’un tour du monde, les fondateurs d’Oldyssey racontent l’histoire de personnes âgées dans différents pays et des lieux où ils ont passé la plus grande partie de leur existence pour réinterroger notre regard en France.

MONALISA est une initiative qui rassemble depuis 2014 ceux qui font cause commune contre l’isolement social des personnes âgées à travers un partenariat inédit entre la société civile et la puissance publique : associations, collectivités, caisses de retraite…Avec MONALISA, le soutien des pouvoirs publics et des institutions s’articule avec la mobilisation citoyenne pour faire reculer l’isolement social. La coopération entre les membres permet de co-construire des outils et pratiques innovantes, comme la formation socle des bénévoles. Un centre de ressources veille par ailleurs à la capitalisation et la mutualisation des bonnes pratiques pour l’ensemble des acteurs.

La lutte contre l’isolement social et la démarche MONALISA sont d’ailleurs au coeur du rapport que la députée de Loire-Atlantique Audrey Dufeu Schubert a remis le 16 décembre 2019 : « Réussir la transition démographique et lutter contre l’âgisme ».

Mesure 9

Une campagne de communication en 2020 et 2021 pour mobiliser le 100% santé, notamment pour l’accès aux lunettes et aux prothèses auditives.

Mesure 10

L’expérimentation d’un autotest de dépistage du déficit auditif pour le grand public et les professionnels de soins primaires, sous forme d’une application, dès 2020.

Mesure 11

La définition de repères pour le dépistage des troubles de la vision associés au vieillissement (presbytie, glaucome, cataracte, DMLA (dégénérescence maculaire liée à l’âge) et l’orientation vers un spécialiste, en 2021

Mesure 12

L’adaptation aux personnes âgées de VigilanS, dispositif de prévention du suicide, dès 2020.

VigilanS est un dispositif de recontact des personnes ayant fait une tentative de suicide. Il s’agit de garder le lien avec les personnes admises aux urgence après une tentative de suicide. L’objectif est de prévenir la récidive par le maintien du lien après le retour au domicile (appels téléphoniques, envoi de cartes postales, etc.). Ce dispositif déjà opérationnel dans 9 régions sera progressivement généralisé à l’ensemble du territorial d’ici 2021.


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Publié par la Rédaction le


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