Étude Xerfi sur le care management : « Le marché de l’aide aux aidants peine à se démocratiser « 

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Xerfi vient de publier une étude, « Le marché du care management : concrétiser le potentiel de croissance à l’horizon 2026 – Analyse des drivers du marché, du jeu concurrentiel et des business models  ». Pour comprendre les enjeux du marché du care management actuel, Cathy Alegria, spécialiste services de santé chez Xerfi, répond à trois questions.

« Le marché du care management : concrétiser le potentiel de croissance à l’horizon 2026 – Analyse des drivers du marché, du jeu concurrentiel et des business models  », c’est la nouvelle étude de l’institut d’étude privé, Xerfi qui porte sur la thématique des aidants. Cathy Alegria, la spécialiste Services de santé & Services aux ménages de chez Xerfi, répond à trois questions concernant le marché de l’aidant en France.

Alors que le potentiel du marché du care management semble considérable, quelles sont ses réelles perspectives à court terme ?

xerfi logo

Le care management (CM) vise à accompagner le parcours de vie à domicile des personnes fragilisées par l’âge, la maladie ou le handicap. Il consiste à évaluer leurs besoins et ceux de leurs aidants, élaborer un plan de soins, suivre sa mise en œuvre et gérer tous les aspects organisationnels de la prise en charge si nécessaire. Pour mener à bien leurs missions, les cares managers coopèrent avec de nombreux acteurs : spécialistes du domicile, structures de coordination, professionnels de santé, CCAS, équipes APA des conseils départementaux, etc.

Le marché du care management pèse environ 115 millions d’euros d’après nos calculs, contre par exemple plus de 500 millions et 700 millions respectivement pour celui du portage de repas à domicile et celui de l’adaptation des logements. Et il le restera à court terme, faute d’un financement public dédié.

Spécialiste Services de santé - Services aux ménages - Xerfi cathy alegria

Les prestations proposées par les sociétés privées ne sont de fait pas prises en charge par les pouvoirs publics. Par conséquent, leur clientèle reste confidentielle. Or, nous avons estimé à plus de 2,5 millions le nombre de bénéficiaires potentiels de 65 ans et plus de prestations de care management et à plus de neuf millions le nombre de personnes déclarant apporter une aide régulière à un proche en situation de handicap ou de perte d’autonomie. Mais la propension des clients potentiels à payer pour ce service reste faible.

Sans oublier la vision persistante d’un care management (CM) agrégateur de prestations réalisées gratuitement par des acteurs dédiés. Dans ce contexte, nombre de spécialistes du care management proposent à des « intermédiaires » (« financeurs », entreprises, bailleurs sociaux) de financer les prestations de CM pour les mettre ensuite à la disposition de leurs publics.

Pour espérer démocratiser le recours au CM, les acteurs devront donc surtout trouver des financements pour réduire ou supprimer le reste à charge des utilisateurs et ainsi rendre le service accessible au plus grand nombre. Sur la base d’un nombre de bénéficiaires et d’un taux de pénétration des services en hausse, nous tablons sur un doublement du marché du care management d’ici 2026 à 230 millions d’euros.

A quelles évolutions du jeu concurrentiel peut-on s’attendre ?

Trois grands types d’opérateurs ont investi le marché :

  • quelques dizaines de spécialistes,
  • des réseaux de Services à Domicile
  • la plupart des « financeurs » (mutuelles et institutions de prévoyance en tête).

Pour leur part, les groupes d’EHPAD (Orpea, Clariane…) et les résidences services seniors (Domitys, Les Senioriales…) s’interrogent sur l’opportunité de développer une telle activité pour jouer le rôle de guichet unique auprès des personnes âgées. Les spécialistes du care management se partagent entre les plateformes de CM, qui fonctionnent en full distanciel (Prev1Care, Emilie Care, Tilia…), et les entreprises de CM dites de proximité (Autonomia, Albert & Clotilde…). Les modèles varient d’un spécialiste à l’autre.

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Pourquoi les modèles économiques des entreprises du secteur sont-ils variés et quels pourraient être ceux à privilégier ?

Les opérateurs du marché cherchent avant tout à construire des réseaux de prestataires pour répondre à l’ensemble des problématiques de l’accompagnement à domicile et différencier leur offre de celle des acteurs historiques de la coordination présents dans le champ de la gérontologie. Parmi les prestataires incontournables des care managers figurent les acteurs du maintien à domicile (SAD, SAMSAH, loueurs de matériel médical…) et les spécialistes de l’adaptation des logements et les entreprises de téléassistance. Certains nouent des partenariats avec de grands fournisseurs de services aux entreprises pour renforcer leur visibilité.

Pour gagner en visibilité, la profession a aussi décidé de s’organiser. Et les initiatives sont multiples :

  • Structuration autour d’organes de représentation,
  • Densification des réseaux de prescripteurs,
  • Professionnalisation du métier

Plus rarement, les sociétés de CM s’appuient sur des réseaux physiques pour faire connaître leurs services. C’est le cas des groupes de Services à la Personne diversifiés dans le care management, à l’instar de Oui Care.


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Cet article a été publié par la Rédaction le


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