Maladie d’Alzheimer : N’oublions pas ceux qui oublient

AUTRES ACTUS ET INFORMATIONS SUR : ALZHEIMER

Festival SilverEco Bien Vieillir
Partager cet article

La maladie d’Alzheimer altère progressivement et irrémédiablement les capacités cognitives de l’individu. L’identité des personnes malades, leur autonomie et leur vie sociale en sont ainsi affectées.

Il en résulte une double souffrance : celle de la personne malade, qui développe des symptômes d’anxiété et de dépression, mais celle aussi de son entourage (les aidants). Comment vivre avec la maladie ? Où en est la recherche ? Le point dans le dossier de la rédaction à l’approche de la Journée Mondiale Alzheimer

Perte de mémoire - Alzheimer - Démence - Perte de repère

Maladie d’Alzheimer : quelques chiffres

D’après la Fondation Médéric Alzheimer :

  • En 2015, 850 000 français étaient atteints par la maladie (40% d’hommes et 60% de femmes)
  • 3 millions de personnes sont directement concernées
  • 75% des malades vivent toujours à domicile
  • 225 000 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année
  • En 2020, 1 français sur 4 âgé de 85 ans et plus sera touché
  • En 2040, il y aura environ 2 millions de personnes malades

Des chiffres qui poussent à réfléchir, et à agir…

Maladie d’Alzheimer, des symptômes qui tardent à apparaître

Perte d'autonomie - Dépendance - Canne - Personne âgéeLa maladie d’Alzheimer, dont les signes cliniques se manifestent parfois tardivement, se traduit par une altération de la mémoire récente puis plus ancienne, de la pensée abstraite (difficulté à définir des mots et des concepts) et du langage.

Peu à peu, la personne malade perd sa capacité à réaliser une activité motrice (s’habiller, se déshabiller…) ou se trouve dans l’impossibilité d’identifier des personnes et des objets.

> Lire aussi : « Une jeune fille de 90 ans », un documentaire émouvant sur la maladie d’Alzheimer

Origine inexpliquée et diagnostic pas si simple…

Cette maladie est une affection neurodégénérative du système nerveux central caractérisée par la présence de lésions particulières : une dégénérescence neurofibrillaire (protéine Tau) et l’apparition de plaques amyloïdes (protéine bêta-amyloïde), altérant la communication neuronale.

Les causes de la maladie d’Alzheimer restent pour le moment inconnues, il n’existe aucun moyen de la dépister avec certitude et le diagnostic demeure long et complexe à établir.

> Lire aussi : « Je suis un vieux refrain », un court-métrage sur la maladie d’Alzheimer

Où en est la recherche ?

Bien que la recherche médicale avance, elle reste impuissante.

Alzheimer : où en est la recherche ?Ces 20 dernières années, les programmes de recherche se sont multipliés mais les avancées ne permettent pas d’enrayer la progression de la maladie.

Les rares traitements médicamenteux existants ne font que retarder l’apparition et l’évolution des symptômes, sans agir sur les causes de la maladie.

Les experts et chercheurs internationaux travaillant aux côtés de la Fondation Médéric Alzheimer estiment d’ailleurs qu’aucun traitement curatif ne sera disponible avant 2025.

Place à la prévention

Les conseils sont nombreux à fleurir sur la toile pour « soi-disant » éviter la maladie d’Alzheimer. Mais ces dires sont-ils prouvés scientifiquement ?

Surveiller son alimentation

Plusieurs études ont été menées sur les impacts d’une certaine alimentation dans le cadre de la prévention de la maladie d’Alzheimer.

Régime-santé-poids- nutritionLa question du régime méditerranéen qui privilégie la consommation de poissons, de fruits, de légumes et d’huile d’olive a notamment été soulevée.

On a par exemple constaté chez des sujets qui consomment du poisson deux ou trois fois par semaine une diminution du risque du déclin des fonctions cognitives. Il s’agit de pistes de prévention intéressantes mais qui restent à confirmer par des études plus spécifiques.

> Lire aussi : Thé VS Alzheimer : des effets positifs sur les personnes à risque

Pratiquer une activité physique

Dans le cadre de la prévention, il est conseillé de maintenir une activité physique à tous les âges de la vie, que ce soit de la marche ou le simple fait de monter les escaliers au lieu de prendre systématiquement l’ascenseur, mais cette voie n’est pas uniquement spécifique à la maladie d’Alzheimer.

Zoom sur la Fondation Médéric Alzheimer

Fondation Médéric Alzheimer pour lutter contre la maladie d'AlzheimerLa Fondation Médéric Alzheimer a été créée en 1999 par le groupe Médéric, devenu Malakoff-Médéric. Il s’agit de la première fondation reconnue d’utilité publique dédiée à la maladie d’Alzheimer et aux maladies apparentée.

La Fondation Médéric Alzheimer, c’est :

  • 120 projets de recherche financés, dont 36 bourses doctorales, pour un montant de 2,5 millions d’euros.
  • 1 annuaire national répertoriant les 14 500 structures d’accueil.
  • 60 publications scientifiques (nationales et internationales).
  • 1 centre de formation et d’expertise.

Les missions de la Fondation

Pour faire avancer significativement la cause Alzheimer et relever le défi d’un problème de santé publique, elle poursuit 3 missions :

  • Faire progresser les connaissances sur la maladie pour maintenir, le plus longtemps possible, les capacités cognitives de la personne et pour lutter contre les conséquences individuelles et sociales de la maladie ;
  • Accompagner la personne malade et son entourage pour préserver leur qualité de vie, les liens intergénérationnels et leur place au sein de leur communauté ;
  • Soutenir et former les professionnels et les bénévoles pour faire évoluer leurs pratiques et favoriser le dialogue entre les différents acteurs de la prise en charge et de l’accompagnement.

> Lire aussi : Notaires et Alzheimer : une étude de la Fondation Médéric Alzheimer et du Conseil Supérieur du Notariat

Un modèle tourné vers l’innovation sociale et l’expérimentation

Mobilité -Dépendance - Perte d'autonomie - DépendanceLa Fondation Médéric Alzheimer propose ainsi de nouvelles solutions d’accompagnement dont l’efficacité éprouvée bénéficie directement à la personne malade et à son entourage. Elle développe pour cela un modèle tourné vers l’innovation sociale et l’expérimentation :

  • Observer les systèmes de prise en charge de la personne malade, à travers des enquêtes nationales annuelles,
  • Financer des recherches en sciences humaines et sociales via des appels à projets dont les orientations stratégiques sont redéfinies chaque année,
  • Repérer et soutenir des projets porteurs d’innovations ou des bonnes pratiques,
  • Modéliser et transmettre des savoir-faire, valoriser le niveau d’expertise des professionnels, intervenir lors des congrès scientifiques.

Contrer les idées reçues

La maladie d’Alzheimer n’est pas seulement une conséquence de la vieillesse

Alzheimer - démence - mémoireLa maladie d’Alzheimer est une maladie neurodégénérative spécifique et incurable, qui provoque une mort lente et progressive des neurones. Les symptômes n’apparaissent d’ailleurs souvent que plusieurs années après qu’elle se soit déclarée dans le cerveau.

La maladie d’Alzheimer ne touche pas que les personnes âgées

Bien que le pourcentage de personnes atteintes augmente de façon exponentielle avec l’âge, la maladie touche aussi 30 000 personnes de moins de 60 ans en France, qui ont parfois montré des symptômes dès la trentaine.

La maladie d’Alzheimer n’est pas contagieuse ni héréditaire

Seul 1% environ des cas diagnostiqués ont une cause génétique et sont dits « héréditaires ». Chacun peut développer la maladie sans avoir eu de cas au préalable dans sa famille.

Le malade d’Alzheimer se rend compte de son état

Il s’agit d’une maladie évolutive, difficile à vivre pour la personne malade comme pour sa famille. De ce fait, pendant de longues années, les personnes malades sont conscientes de leurs pertes de mémoire et de leurs défaillances. La perte de toute lucidité n’intervient qu’à un stade très avancé de la maladie.

Insolite

En juin dernier, un restaurant nippon a ouvert éphémèrement : « Restaurant aux Erreurs de Commande ». Comme son nom l’indique, les clients doivent s’attendre à avoir des erreurs dans leur commande.

En effet, en composant son personnel de personnes atteintes de démence, le restaurant fait une pierre deux coups.

D’un côté, il intègre ce groupe de malades, en les faisant travailler en contact direct avec les clients.
D’un autre côté, ces derniers (ré)apprennent l’indulgence et la tolérance, en voyant notamment des plats arrivés qui ne sont pas ceux commandés.


Partager cet article

Publié par la Rédaction le


2 réflexions sur “Maladie d’Alzheimer : N’oublions pas ceux qui oublient”

  1. « L’AD-PA APPELLE A DES MESURES A COURT TERME

    Près de 900.000 personnes sont actuellement diagnostiquées malades d’Alzheimer et plus de la moitié des personnes souffrant de cette maladie (ou apparentée) ne serait pas diagnostiquée.
    Le récent rapport de la Commission des affaires sociales de l’Assemblée Nationale a une fois de plus mis en évidence le retard français significatif quant aux réponses apportées aux personnes âgées.
    L’AD-PA qui dénonce ce retard depuis plusieurs années a rappelé à cette occasion les mesures de courts et moyens termes qui s’imposent pour améliorer l’accompagnement de nos aînés à domicile et en établissements :
    L’AD-PA rejoint les propositions de la Députée M. IBORRA quant à la nécessité de :
    – considérer le secteur de l’aide aux personnes âgées comme prioritaire afin d’y maintenir les contrats aidés en établissement et à domicile
    – évaluer les effets de l’application des décrets du 21 décembre 2016 visant à diminuer les budgets de nombreux établissement
    – pérenniser le fonctionnement des services à domicile
    – créer une norme de ratio de personnels minimaux
    – mener une réflexion sur les établissements pour personnes âgées de demain
    – revaloriser les carrières des personnels travaillant dans le secteur
    L’AD-PA appelle en outre à aller au-delà, notamment en étudier la possibilité de mettre en oeuvre une prestation autonomie sur la base des propositions du CESE de 2011 afin de :
    – réduire les coûts payés par les personnes âgées et leurs familles
    – augmenter le temps passé au quotidien auprès des personnes âgées en établissement et à domicile
    – améliorer la qualité de réponse aux besoins et attentes
    – créer des centaines de milliers d’emploi »

    Communiqué de presse de l’AD-PA

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Retour haut de page